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Fabriquer une image c'est d'abord choisir le support et le format. L'utilisation d'une toile brute non apprêtée est dictée par la volonté de n'avoir aucun effet de matière pour piéger la lumière. La lumière doit sourdre de l'intérieur. La couleur (eau et pigments uniquement) n'est pas posée sur la toile mais absorbée par elle (procédé proche de la teinture) en une succession de couches très diluées (de 10 à 20 passages) qui donnent un effet de profondeur. Les couleurs ne se mélangent pas. Elles s'additionnent. La lumière, parfois infime, qui se dégage, semble rayonner depuis l'intérieur de la toile (le blanc, comme moyen d'éclairer est banni). |
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Une peinture à visiter plutôt qu'à regarder : |
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S'immerger dans la couleur (le format choisi en fonction de son rapport au corps le permet), s'y abandonner, prendre le temps de laisser surgir la lumière des zones d'ombres. Que la peinture ne se donne pas à lire d'emblée mais plutôt qu'elle se laisse appréhender progressivement, que l'oeil s'attarde suffisamment, se règle, pour que les rapports des surfaces s'inversent (devant/derrière-horizontal/vertical), que ces dernières commencent à jouer entre elles, que les frontières entre les couleurs vibrent et dansent jusqu'à devenir incertaines plus une immersion, qu'une lecture. |
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Ecouter la peinture : |
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Les procédés de construction employés ici entretiennent un rapport étroit avec les procédés de composition musicale (variations tonales, hauteurs, accords, résonances, permutations, miroirs, complémentarité). Ce qui se joue ici se déroule dans le temps. La représentation est volontairement réduite dans le souci d'ouvrir un espace suffisamment dépouillé pour permettre de garder toutes les virtualités de l'imaginaire. |
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"Vers l 'élimination de tous les obstacles
entre la peinture et l'idée, entre l'idée et le spectateur".
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"Je ne crois pas qu'il existe une peinture non figurative ou alors ce ne sont que des études de couleurs".
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